
Nouveau venu chez Nikon et pas des moindres vu qu’il s’agit d’un COI
(compact à objectif interchangeable).
les principales caractéristiques techniques du Nikon J1 :
- Capteur CMOS au format CX (13,2 x 8,8 mm) – 10 millions de pixels
- Mesure de lumière : matricielle, pondérée centrale et spot
- Sensibilité de 100 à 6400 iso (iso auto)
- Type de carte : SD/SDHC/SDXC
- Batterie Lithium 1900 mAh emprunté au Nikon D7000
- Dimensions : 106 x 61 x 29,8 mm
- Poids : 234 g
Le capteur des Nikon 1 (J1 et V1) mesure 13,2 x 8,8 mm et se nomme CX.
Ce nouveau format de capteur CX se place à côté des formats DX (APS-C) et FX (24×36).
Personnellement ce format de capteur est une petite déception, j’attendais vraiment de la part de Nikon un compact avec un format APS-C comme les NEX de Sony.
Les autres concurrents comme Olympus et Panasonic utilisent un capteur 4/3 (17,3 x 13 mm) légèrement plus grand que le format CX de Nikon.
Le J1 comparé au NEX3 de Sony. On se rend bien compte de la différence de taille du capteur.
Mais alors pourquoi Nikon a donc choisi une taille de capteur plus petit que ses concurrents ?
Normalement par soucis de compacité… pas au niveau du boîtier en tout cas, car le J1 est aussi « gros » qu’un NEX de Sony !
Au niveau des optiques par contre la compacité est bien là. Le 10-30 VR que j’ai eu en test est très compact. Le pancake 10 mm f/2,8 encore plus compact. Ayant l’habitude de shooter avec le 24-70 f/2,8 de chez Nikon, je dois avouer que j’avais l’impression de me promener avec un jouet ! Mais au moins j’étais très discret, personne me voyait prendre des photos… quel bonheur !
Chez la concurrence j’ai par exemple été choqué par la taille du 18-200 de chez Sony une fois monté sur le NEX5. L’ensemble n’a plus rien de compact ! Une sorte de petit reflex qui aurait perdu son viseur optique. Bref la compacité du système CX de Nikon est plutôt une évidence.
Le J1 que j’ai eu en test n’est certes pas si petit que ça (vu sa taille de capteur) mais la construction de qualité explique cela. Les Nikon 1 sont en partie construits en alliage de magnésium et possèdent un accu endurant mais peu compact.
Personnellement donc, la taille et le poids des Nikon 1 sont parfaitement justifiés et le plus important au final c’est bien la compacité des objectifs du format CX.
L’écran LCD :

Ce fut mon premier choc lors du test du J1… l’écran LCD. Quel écran ! On a presque l’impression de voir à travers une vitre. Et vu que le J1 ne dispose pas de viseur électronique comme son grand frère le V1, un tel écran est donc plus que nécessaire.
Techniquement ce LCD mesure 3 pouces et a une définition de 921 kpts comme celui du Nikon D700. Sur un compact ça fait son effet !
Cet écran contrairement à certains NEX de Sony n’est pas tactile. Mais vu l’ergonomie excellente du J1, un écran tactile n’aurait pas eu grande utilité. Il est peut être dommage par contre que cet écran ne soit pas orientable. Il va donc falloir prendre des positions inconfortables si on veut des cadrages qui sortent de l’ordinaire. Un peu comme on fait avec un reflex d’ailleurs !
L’ergonomie :
Venant du monde des reflex (D300 et D700), j’avais une petite appréhension à utiliser un compact. L’ergonomie du J1 est bien pensé car j’ai du mettre au total 5 minutes pour trouver mes marques. Je dirais même que le menu est plus claire que mon usine à gaz préféré le D700 !
J’ai rapidement trouvé comment passer en mode priorité ouverture (A), comment changer les iso, corriger l’exposition… bref tout ce que je fais habituellement sur mon reflex. Là c’est évidemment un peu plus long car sur un boîtier pro chaque fonction a une touche dédiée. Mais néanmoins je reste agréablement surpris par l’ergonomie. Il est vrai que Nikon aurait pu au moins mettre une molette pour les modes PASM et un accès direct à la sensibilité (ISO), peut être mes seules critiques au niveau de l’ergonomie.
On retrouve au dos du Nikon 1 une roue codeuse à la Canon (et qu’on retrouve sur le Nikon P7100). J’espère que Nikon reprendra cette roue codeuse pour ses prochains reflex car c’est vraiment très agréable et rapide. Je veux une roue codeuse sur le D800 !!!
l’AF (autofocus) :
La réputation de Nikon sur l’autofocus n’est plus à faire, le système 1 était donc attendu au tournant car en général l’AF sur les compacts est LE point faible.
Ce fut donc le 2ème choc lors de cette journée de prise en main du J1 ! C’est efficace et rapide, chapeau M. Nikon !
Le système AF intégré dans les Nikon 1 (J1 et V1) est de type hybride. Il repose à la fois sur la détection de phase et/ou de contraste. L’appareil détermine lui même quel procédé utiliser suivant la lumière. Le nouveau processeur Expeed 3 n’est pas étranger à l’efficacité de cet autofocus. Ca promet pour les futurs reflex de la marque !

Lors ce test rapide j’ai eu aucune hésitation de la part de l’AF même en environnement sombre. Quand la lumière manque on a le droit à une magnifique assistance de couleur verte ! c’est jolie mais pas discret ! le J1 détecte automatiquement les visages des personnes.
exemple : une personne de dos qui se retourne rapidement et le J1 va automatiquement effectuer la mise au point sur le visage.
je n’ai pas eu le temps de tester le suivi du sujet. Ce mode AF permet de verrouiller la mise au point sur un sujet et de le garder en mémoire, un carré jaune suit alors ce sujet à la trace. Cela peut être intéressant pour des photos de sport ou des oiseaux en vol… enfin j’imagine vu que je n’ai pas testé !
Je m’attendais à un gouffre avec mon D700 et ce fut pas le cas, bien au contraire. Je suis vraiment bluffé de ce côté là.
J’ai tenté un effet de filé (un peu raté !). Je n’aurais pas fais mieux avec mon D700 !
Néanmoins le J1 suivait bien ce magnifique Partner rouge. j’aurais du utiliser une vitesse moins élevé (1/13s) pour avoir le véhicule un peu plus net.

A noter que la réactivité globale de l’appareil est excellente. On n’attend pas entre 2 photos (enregistrement au format NEF + JPG). Le processeur EXPEED 3 tient toutes ses promesses.
La qualité d’image :
Nikon a fait le pari de miser sur une définition modeste à l’heure actuelle :
10 millions de pixels.
La course aux pixels est bien terminée et on en peut que s’en réjouir.
10 mpxl sur une surface de capteur comme ce CX reste raisonnable et on profite donc d’une meilleure gestion des hautes sensibilités.
Contrairement aux idées reçues : plus de pixels n’est pas un gage de qualité.
Avec 10 Mpxl on peut aisément effectuer des tirages A3 (30×45 cm) et les fichiers sont relativement légers et éviteront donc de remplir nos disques durs trop rapidement.
Pour la qualité d’image donc, là encore je suis agréablement surpris.
On atteint évidemment pas la qualité d’un D700 associé à un Nikon 24-70 f/2,8 (près de 4000 euros le couple !) mais ce Nikon 1 gère plutôt bien le bruit jusqu’à 1600 iso.
Exemple d’une photo prise dans la crypte de la basilique de Lisieux
(cliquer pour voir en plus grand) :

1600 iso – 1/40s – f/3,5 – 10-30@10mm – VR (stabilisateur)
J’avais encore jamais vu une image à 1600 iso de cette qualité avec un compact. A noter que j’ai pris cette photo à main levé, le stabilisateur du 10-30 VR a assuré la netteté de la photo.
Le 3200 iso reste encore exploitable mais là faudrait éviter de tirer du A3. En petit format par contre ça devrait passer.
(cliquer pour voir en plus grand) :

3200 iso – 1/30s – f/3,5 – 10-30@10mm – VR (stabilisateur)
En basse sensibilité l’image est impeccable. On peut aller jusqu’à 400 iso sans scrupules.
Le mieux même est je crois de se mettre en sensibilité auto A400 pour laisser l’appareil gérer la sensibilité entre 100 et 400 iso. En intérieur peu lumineux on passera en mode A3200 (jusqu’à 3200 iso).
Pour ce test j’avais l’objectif 10-30 f/3,5-5,6 VR qui équivaut à un 27-81 mm en 24×36.
Une plage de focale polyvalente donc. On passe d’un grand angle à un petit télé-objectif.
En language compact on dirait que cet objectif est un « zoom 3x ».
Sa distance minimale de mise au point est de 20 cm en position grand angle.
On peut donc faire des plans assez rapprochés (je parlerais pas de macro).

A 30 mm (équivalent 81 mm) on peut s’essayer au portrait :

Avec un capteur plus petit que le format APS-C et un objectif pas très lumineux il est très difficile de jouer avec la profondeur de champs (pdc) et donc d’obtenir de beaux fonds flous.
Exemple à 10 mm et pleine ouverture (f/3,5). Mise au point sur le mur :

Le fond (la rue) est trop net à mon goût…
A 30 mm et pleine ouverture (f/5,6) on arrive à avoir un peu de bokeh (flou d’arrière plan)

La qualité d’image dépend beaucoup des objectifs. L’idéal serait que Nikon sorte des optiques lumineuses du style 50 mm f/1,8. Cela permettrait de jouer avec la pdc et de faire des photos en conditions difficiles sans trop pousser la sensibilité.
Pour résumer la qualité d’image du Nikon 1 est bonne sans être exceptionnelle.
Mais j’ai l’habitude des images de mon D700 donc je me sens pas trop apte à juger !
En tout cas ce Nikon 1 dépasse largement les compacts « de base » et doit être assez proche du système 4/3 d’Olympus.
Avec le 10-30, l’objectif de mon test, on a du piqué à pleine ouverture et à toutes les focales.
Les hautes sensibilités sont assez exploitables (le 1600 iso est bluffant vu la taille du capteur).
On ne fait pas « waouhhhhh » en ouvrant les photos sur son imac (fanboy Apple inside !) mais ça reste quand même très propre. Il suffit de voir le test du V1 dans le magazine « le monde de la photo » n°41 pour se convaincre que cet appareil a un sacré potentiel dans les mains d’un bon photographe.
Lors de ce test j’ai comme à mon habitude shooté au format NEF (fichier brut).
J’ai développé les fichiers sous Capture NX2.2.8.
A priori à l’heure où j’écris ce test, Aperture et Lightroom ne prennent pas encore en charge les fichiers Nef des Nikon 1, ce qui ne saurait tarder.
Les objectifs :

Pour l’instant seulement 4 objectifs, ce qui n’est pas si mal pour un système qui vient de sortir :
- - 10 mm f/2,8 (éq. 27 mm)
- - 10-30 f/3,5-5,6 VR (éq. 27-81 mm)
- - 10-100 f/4,5-5,6 VR (éq. 27-270 mm)
- - 30-110 f/3,8-5,6 VR (éq. 81-297 mm)
En espérant que d’autres objectifs arrivent rapidement, comme un objectif macro, un ultra grand angle, un petit téléobjectif lumineux, un fish eye…
Nikon vend également une bague d’adaptation qui permet d’utiliser toutes les optiques Nikkor à monture AF-S/AF-I pour réflex numérique.
L’idée est très bonne en soit vu le parc optique important de Nikon, le prix de la bague par contre me parait un brin exagéré (279 euros).
Le Nikon 1, pour qui ? Conclusion…
Pour ceux qui veulent voyager léger et rapporter des images de qualité, les reporters grâce à son AF qui ne rate rien, les geeks (!)…
Personnellement je ne l’achèterais pas car j’ai goûté aux joies du 24×36 (le rendu, le bokeh, les très hautes sensibilités). Je ne suis pas prêt à sacrifier tout ça au profit de la compacité. Je préfère encore pour l’instant me trainer mon sac qui pèse une tonne (façon de parler évidemment).
J’avoue néanmoins avoir apprécié le côté très discret. Si je devais choisir un appareil compact j’irais plus vers le Fuji X100 et son optique fixe équivalent à un 35 mm f/2.
Il possède un capteur APS-C de 12 millions de pixels et sa qualité d’image est déjà une référence.

Le Nikon 1 J1 et son 10-30 m’ont été gracieusement prêtés par le magasin
Camara Lisieux
Prochain test : Le Sigma 85 f/1,4